Mardi 24 juillet 2007
Bonjour à tous,

Attaquons tout de suite...

Le coeur du sujet qui va nous bercer tout au long de cet article : ma fin de semaine (ou plus populairement "mon samedi-dimanche")...
Je vous avez laissé samedi matin sur un message narrant ma première histoire d'amour et orphelins de toutes autres nouvelles, vous avez eu peur de mon éventuelle disparition...Ne vous inquiétez pas, à l'avenir, je vous préviendrai pour toute absence justifiée et prévue à l'avance...pour les autres, cela voudra dire que j'aurais eu un imprévu divers (accident, mort, empoisonnement...)...

Ce week-end donc,...

A été d'une intensité folle et d'une originalité peu ordinaire...Jugez par vous-même...
Après l'écriture du susdit message, je suis allé comme à mon habitude à la piscine municipale de ma ville réhydrater ma peau en constant dessèchement d'eau... Après avoir honteusement menti à ma mère quant à ma destination réelle (cf. mon merveilleux article précédant où je relate les raisons de ce mensonge avec un brio littéraire sans égal parmi les 10 auteurs les plus vendus en France ce mois-ci, j'ai nommé l'article "Tristesse et désolation", disponible dans les archives de ce journal intime), je me dirigeais avec hâte vers le bâtiment abritant ce réservoir d'eau...

Or sur le chemin se trouve (se trouvait en fait) l'humble fond de commerce botanique d'une amie fleuriste de ma mère...Cette femme, d'un physique des plus communs, avait élu domicile pendant ses temps de travail derrière son comptoir où elle tentait tant bien que mal de marier quelques fleurs en magnifiques bouquets, avec des résultats bien trop souvent médiocres, insipides voire repoussants...
Je passais donc à pleine vitesse devant son échoppe et jetais un coup d'oeil discret afin d'être sûr qu'elle ne m'avait pas reconnu...

Et ce que je vis là dépassa tout entendement...A l'aide de mes yeux, je pus contempler la plus belle créature humaine de sexe féminin qui m'ait été donné de voir...Ce fut une révélation, les battements de mon coeur s'accélérèrent, entraînant un afflux sanguin si important que tous mes sens furent portés au maximum de leur activité...
Mes mains tremblaient comme au premier jour, mes dents crissaient tel un professeur détaillant les implications du monothéisme chez les conducteurs de bateaux-mouches avec une craie sur un tableau sec et ancien...
Je pris alors une décision immédiate contraire à tous mes principes romantiques : je suis entré l'aborder...
Au lieu de faire comme à l'accoutumé (c'est-à-dire me cacher derrière un poteau, sortir un carnet et noter ses moindres faits et gestes), je suis entré le plus simplement du monde...
J'ai pénétré en sa boutique tel Zeus entrant en Europe...Fier comme un taureau blanc, je me dirigeais sans crainte vers sa personne...

Je vous retranscris ici les termes exacts du dialogue qui s'ensuivit : "
- Bonjour Monsieur, que puis-je pour vous?
- Bonjour Mademoiselle, je...
- Ha non, c'est Madame depuis hier, hihihi..."

En fin connaisseur de la langue française et de ses nuances, je compris ce que cela voulait dire...
"Que puis-je pour vous ?" signifiait qu'elle pouvait pour moi ce que je ne pus depuis fort longtemps pour moi même...Elle s'offrait à moi telle Léto s'offrant à Zeus, engendrant ainsi Artémis et Apollon, preuve que cela valait le coup !
J'attaquais sournoisement : "
- Excusez moi, Madame, mais qu'est devenue l'ancienne propriétaire ?
- Ma mère ? Elle est en proie à une allergie sur les hibiscus norvégiens qui ont développé un pollen mutant suite à leur séjour en Hollande et leur étape en Birmanie alors il y a que moi pour m'occuper de la boutique..."

Ma question, excellente et parfaitement adaptée à la situation, m'en avait appris plus sur elle que j'aurais pu en espéré en 10 jours d'intense investigation...Elle avait démontré sa capacité à s'occuper d'un commerce, donc elle saurait parfaitement tenir son rôle en tant que maîtresse de maison...Je devais porter le coup assassin...

Et c'est là, hélas, que mon empressement entraîna mon lourd échec...Repérant un système de protection contre l'incendie (de type dispersion d'eau aqueuse), je me basais sur ma précédente expérience (cf. article "oniriques pensées") pour élaborer un plan des plus fameux qui s'avéra être par la suite juste un plan des plus fumeux aux sens propre et figuré...
Je lui commandais un bouquet précieux, dans le but de l'éloigner dans l'arrière boutique chercher quelques fleurs des plus rares, de celles réservées aux clients fortunés, ce qui déclencha en elle une augmentation brutale de son taux d'adrénaline et provoqua son admiration quant à mon tact et mon goût des belles choses...
La suite du plan était ingénieuse : je déclenchais un petit feu sur un bouquet, l'alarme incendie se déclenchait et l'arrosage se mettait en route...Moi, j'allais la chercher au fond de la boutique en courant, la portant jusqu'à la sortie du bout des bras et, attrapant d'une main un bouquet de fleurs, je lui offrais une fois dehors...Elle m'aurait embrassé, je l'aurais embrassé, nous nous serions mariés à la mairie municipale...

La quantité de matières végétales présente en ce lieu me permit d'allumer un feu impressionnant, bien au-delà de toute espérance. De tendance pyromane, je lançais d'autres départs de feu avec le raisonnement que plus les flammes seraient importantes, plus le sauvetage serait impressionnant...
Hélas, l'arrosage n'était pas suffisant pour cet incendie...qui continuait à se répandre dans toute la pièce m'empêchant de trouver un passage pour aller la sauver. L'absence de caméra de sécurité me rassura tout de suite quant aux éventuelles conséquences personnelles suite à cet incendie. Je décidais d'hurler au feu et de sortir en toute hâte de la boutique scrutant ce feu des Enfers qui était en train de tout ravager sur son passage...
Je la vis sortir malgré tout, brûlée au troisième degré, les vêtements en feu. Je pris la bouteille d'eau au fond de mon sac de sports aquatiques, et je me réhydratais rapidement afin de recouvrer toutes mes capacités physico-intellectuelles...J'imaginais un plan pour tout arranger mais il me fallait une scie sauteuse, un tracto-pelle et un 300 grammes de steak haché...Pas possible...Des voisins avaient, heureusement pour elle, appelé les pompiers...je m'esquivais sans un bruit, observant discrètement la jeune fille qui avait maintenant perdu connaissance et qui était totalement brûlée...

Je rentrais chez moi et allais me coucher sans un bruit attendant une accalmie.
Le lendemain matin, ma mère me réveillait en sursaut, m'expliquant que la fille d'une amie à elle avait été gravement brûlée dans l'incendie de sa boutique...Feignant l'ignorance, je demandais les détails de l'affaire. Mais  ma génitrice me pressa de l'accompagner à l'hôpital afin de visiter l'ingénue qui avait repris connaissance et dont l'état avait été stabilisé...
Arrivés dans la chambre de la jeune fille (que je ne reconnue pas tout de suite, à cause des multiples et indélébiles brûlures sur son visage), nous fûmes accueillis par les parents de celle-ci, plongés dans le plus profond désespoir. Ma mère s'approcha de la jeune fille et me tenant par la main, m'entraîna près d'elle. Cette dernière me regarda longuement dans les yeux mais ne sembla pas me reconnaître...J'étais sauvé...D'autant que le médecin avait décelé chez elle une amnésie antérétrograde.

Nous discutions de choses et d'autres avec ses parents (même si la conversation s'éternisait sur la présumée victime) quand tout à coup, deux policiers entrèrent dans la chambre. L'un deux se tourna immédiatement vers moi et me demanda, question de routine me dit-il, où est-ce que je me trouvais à l'heure du drame... L'incendie criminel était la piste la plus probable et je correspondais aux descriptions de certains témoins...

Devant tout le monde, je me résolus, afin de me protéger, à mentir : j'étais à la piscine...
Ma mère entra alors dans une colère apocalyptique...Nous partîmes sur le champ pour rentrer à la maison où je me fis sermonner et punir d'ordinateur pendant 1 semaine...J'étais donc sanctionné pour avoir menti à ma mère, ce qui me servira de leçon à l'avenir...La morale de cette histoire : ne jamais mentir à sa mère sous peine de terribles représailles...

Heureusement pour vous, un cyber café me permet de tenir à jour discrètement ce journal intime...dans lequel je peux écrire mes plus noirs secrets, ce qui est pour vous une magnifique source d'expérience...

Je vais aller me coucher maintenant et réfléchir à un moyen de revoir la fille de la piscine...

Bonne nuit à toutes et à tous,

Romain Love, pyromane loveur
par Romain Love publié dans : Moments de vie
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